Orthodoxie en Abitibi

Le Prologue de l'Évangile de Jean

Étude XXIII : Le Prologue de l'Évangile de Jean

- P. Georges Leroy -

Cliquer ci-dessous, pour vous retrouver aux points correspondants du texte :

Je suis l'Étant
Le Prologue de l'Évangile de Jean : le texte
Le Prologue de l'Évangile de Jean : première partie (versets 1 à 8)
Le Prologue de l'Évangile de Jean : dernière partie (versets 15 à 18)
Le Prologue de l'Évengile de Jean : deuxième et dernière partie (versets 9 à 11, et 14)
Le Prologue de l'Évangile de Jean : partie centrale (versets 12 et 13)

Quels sont les objectifs que nous nous proposons d'atteindre ?

Dans l'Étude précédente, nous avons terminé par ces mots : « tu dois apprendre comment chercher ».
Comment ? Sinon en scrutant le texte évangélique, et plus particulièrement celui du disciple bien-aimé, l'évangéliste Jean. Au cours du long processus de notre recherche théologique, nous sommes parvenus à dresser un vaste panorama de la doctrine de la Rédemption, c'est-à-dire de la dispensation du Salut par le Christ. Nous avons vu par quelles voies - remarquables et pleines de sagesse - le Créateur est parvenu à la fois à respecter scrupuleusement notre liberté, et à nous montrer le chemin qui mène à la participation plénière à sa divinité, tout en respectant notre état de créatures. Nous savons désormais ce que Dieu nous a apporté, quel est son dessein à propos de l'ensemble de sa création, et quelle est la voie qui nous est donnée à parcourir. Nous sommes donc prêts maintenant à nous mettre à l'écoute du saint apôtre et évangéliste Jean, à comprendre ce qu'il vaut nous dire, lui qui s'est penché sur la poitrine du Seigneur lors de la sainte Cène. Jean y a recueilli l'Esprit, qui lui a donné de saisir les plus hauts mystères divins. Pourtant, c'est avec crainte et frayeur que nous osons scruter les premiers mots du Prologue de Jean. Avant d'y parvenir, prenons conscience du fait que la rencontre avec Dieu ne se réalise pas, si nous sommes « aux abonnés absents ». Entre nous et Dieu, tout est une question de rencontre de personne à Personne. Dieu, quant à Lui, est toujours présent. Mais nous, nous sommes trop souvent absents à nous-mêmes. Posons-nous donc la question fondamentale : « qui suis-je ? ». Sachant qui nous sommes, nous pourrons recevoir les deux clefs qui nous ouvriront la compréhension de l'Évangile de Jean.


Je suis l'Étant

Qui es-tu ?
Tu es un pèlerin de la Vérité.

Tu n’es pas seulement un rouage infime de la société. Tu n’es pas seulement un consommateur de biens matériels. Tu es quelqu’un en qui se réunissent la matière et l’esprit. Tu es bien plus que ton corps, bien davantage que le mécanisme de tes neurones. Nous ne sommes pas seulement des robots biologiques. Il est malheureux que la plupart des êtres humains ne se posent aucune question. En fait, la tragédie n’est pas tant la venue de la mort, c’est le fait que la plupart des êtres humains puissent passer la totalité de leur vie, sans avoir la moindre idée de l’infini de leur univers intérieur. En nous, se trouve l’univers entier, et c’est pourquoi une seule de nos pensées est aussi précieuse que l’univers. L’être humain est une créature divine, à la recherche de Dieu et de l’Éternité.

En tant que pèlerins de la Vérité, nous nous posons une question. Celle-ci façonne notre recherche. Une vie humaine est à peine suffisante pour commencer à répondre à cette question. Sans doute sommes-nous précisément sur cette terre afin d’y répondre… Cette question diffère selon chaque individu. Chez l’un, ce peut être : « que fais-je sur cette planète ? » chez l’autre : « quel est le sens de cette vie ? » - En ce qui me concerne, je me suis toujours posé la question : « qu’est-ce que le Salut ? » Si l’on dit que le Christ nous sauve, est-ce qu’il s’agit simplement de mots, de phrases, d’expressions poétiques, ou existe-t-il derrière ces mots une réalité ? Et quelle est-elle ?

Pour une autre personne, la question est nécessairement différente. Le dix-neuvième siècle nous a légué un beau texte : « les récits d’un pèlerin russe » (Traduits et présentés par Jean Laloy, éd. Baconnière, Seuil Coll. Sagesses N° 14). C’est l’aventure de quelqu’un dont la vie a été transformée, modelée, par la quête qu’il a entreprise pour répondre à la question « qu’est-ce que la prière ? ». C’est une interrogation fondamentale qui est analogue à toutes les questions essentielles que l’on peut se poser. Au début, le « pèlerin russe » a reçu toutes les réponses conventionnelles possibles. Bien des gens lui ont dit l’aller à l’église, de se livrer à des pratiques religieuses – et rien de tout cela ne donnait une réponse à sa quête qui portait sur quelque chose de bien plus fondamental.

Ce pèlerin transportait avec lui la Bible et la Philocalie, une anthologie de textes sur la prière du cœur. Le « deuxième récit » du Pèlerin russe (Ibid. pp. 65 – 66) nous raconte qu’un jour, ce dernier s’endormit dans le refuge où il était parvenu. Pendant son sommeil, son « staretz »- son père spirituel - lui apparut et lui expliqua dans quel ordre il devait lire la Philocalie. Dans son rêve, le Pèlerin vit son staretz marquer un passage, faisant un trait dans la marge de la page indiquée. À son réveil, le Pèlerin vit sur la pierre qui lui tenait lieu de table :

la Philocalie ouverte à la page indiquée par le staretz et marquée d’un trait de charbon, exactement comme dans mon rêve; le charbon lui-même était encore à côté du livre. J’en fus frappé, car je me rappelais que le livre n’était pas là, la veille ; je l’avais placé, fermé, près de moi avant de m’endormir et je me rappelai qu’il n’y avait aucune marque à cette page.
ibid. p. 67.

Comme le pèlerin, ouvrons la Philocalie. Feuilletons-la ; où se trouve la marque faite avec un charbon de bois ? Nous la trouverons certainement au début du traité de Syméon de Thessalonique « Sur la sainte prière déifiante ». Voici ce passage:

Cette prière divine, l'invocation de notre Sauveur - « Seigneur Jésus Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi » - est en même temps appel, invocation et confession de la Foi. Elle suscite l'Esprit Saint, elle dispense les dons de Dieu, elle purifie le cœur, elle chasse les démons, elle est la demeure de Jésus Christ, elle est la source de la réflexion spirituelle et des pensées divines, elle délivre des péchés, elle soigne les âmes et les corps, elle donne l'illumination divine, elle répand la pitié de Dieu, elle accorde dans l'humilité les révélations et les initiations divines, elle porte en elle la seule voie du Salut : le Nom salutaire de notre Dieu, c'est-à-dire l'unique Nom de Jésus Christ Fils de Dieu invoqué en nous, et en nul autre nous n'avons le salut (Ac. 4 ; 12), comme dit l'Apôtre.

Philocalie des Pères neptiques, Tome B4 éd. Bellefontaine 2005, p. 791.

Ce passage montre bien l’importance de l’invocation du Nom divin. Car Dieu nous a permis de Le connaître en nous révélant son Nom.
Mais Qui est Dieu ? En fait, la dimension de notre individu, les piètres performances de notre intelligence ne nous permettent pas de concevoir le Créateur, Celui qui possède une intelligence absolue et pour qui l’ensemble des galaxies ne peut avoir de secrets. La question serait mieux formulée en disant : que dit Dieu de Lui-même ?


Le Buisson ardent

C’est l’épisode du Buisson ardent, tel qu’il nous est raconté au troisième chapitre de l’Exode :

Moïse, qui paissait les moutons de Jéthro, son beau-père, prêtre de Madiân, et les avait menés par-delà le désert, parvint à la montagne de Dieu : l'Horeb. L'Ange du Seigneur se manifesta à lui sous la forme d'une flamme de feu jaillissant du milieu d'un buisson. Moïse regarda : le buisson était embrasé mais ne se consumait pas. Il se dit alors : je vais m'avancer pour considéere cet étrange spectacle, et pourquoi le buisson ne se consume pas. Le Seigneur le vit s'avancer pour mieux voir, et Dieu l'appela du milieu du buisson : Moïse, Moïse ! - me voici, répondit-il. Alors Il dit : n'approche pas d'ici. Ôte tes sandales de tes pieds, car le lieu que tu foules est une terre sainte. JE SUIS le Dieu de ton père, le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob. Moïse alors se voila la face, dans la crainte que son regard ne se fixât sur Dieu. (...) Moïse dit alors à Dieu : soit ! je vais trouver les enfants d’Israël et je leur dis : le Dieu de vos Pères m’a envoyé vers vous ! Mais s’ils demandent quel est son nom, que leur répondrais-je ? Dieu dit alors à Moïse :

Je Suis l'Étant

Exode 3 ; 7-14.

L’Étant - ho ôn - ce terme recouvre trois sens :

- « Celui qui Est », au sens philosophique du terme, qui est éternel, invariable, stable - par opposition à un monde qui s’écoule, qui se modifie constamment, dont le défaut d’Être se traduit par une perpétuelle mutation ;

- « Celui qui fonde l’Être » de toutes les créatures, sans lequel celles-ci non seulement cesseraient d’exister, comme une bulle de savon qui éclate, mais encore n'auraient même jamais existé - après leur disparition, car l'espace-temps qui les constituaient aurait également disparu ;

- « Celui qui Est toujours » dont l’Être accompagne le cheminement de toutes les créatures, les précède par une Volonté qui en façonne l’évolution, en fonction du but qu’Il a prédéterminé de toute éternité.

Comme nous le lisons dans le passage précédemment cité, cette révélation se fit alors que Moïse paissait les moutons de son beau-père, Jéthro (Ex. 3 ; 1) – révélation qui détermina la vocation du prophète. En fait, la définition que Dieu donne de lui-même n’est tout d’abord, pas celle de « l’Étant ». Dieu dit en premier lieu (Ex. 3 ; 6) :

Le Dieu d'Abraham

C’est le Dieu d’une personne, et par là, de tout un peuple. C’est un Dieu généalogique, le Dieu d’un peuple auquel on est lié par des liens génétiques qui excluent les autres peuples. L’appartenance à ce peuple s’exprime par la circoncision et par divers rites et comportements sociaux où le sang joue un grand rôle. Tout cela nous paraît très archaïque et immensément éloigné de la représentation actuelle que nous nous faisons des relations avec le divin.

Dans l’Ancien Testament, un point culminant de la Révélation se trouve dans l’expérience spirituelle de Moïse, sur les flancs de la montagne de l’Horeb, qui n’est autre que le Sinaï. Dieu se nomme lui-même au début du vingtième chapitre de l’Exode :

Le Seigneur ton Dieu

Il s’agit d’un Dieu qui s’est identifié à son peuple par un exploit historique. Cette définition de Dieu par lui-même trouve son parallèle au cinquième chapitre du Deutéronome, verset 6.

Moïse lui-même semble ressentir l’insuffisance de cette définition. Il demande à Dieu « si les fils d’Israël demandent quel est le NOM de Dieu, que faut-il répondre ? » (Ex. 3 ; 13) C’est ainsi que Dieu révèle l’Étant. Les Fils d’Israël se seraient bien contentés de la définition génétique, mais Moïse voulait voir plus loin.

QUI est Celui qui parle à Moïse dans le Buisson ardent ?
- Est-ce le Père, s’étant révélé par une Voix au-dessus du Christ venu se faire baptiser par le Précurseur ?
- Est-ce le Fils, qui est venu parmi nous et a partagé notre vie, bien des siècles après la mort de Moïse ?
- Est-ce l'Esprit, apparu sous forme de colombe, de souffle ou de flamme ?
QUI ?

L’Église inscrit le ho ôn sur l’auréole crucifère du visage du Christ. C’est donc clairement le Christ qui parle à Moïse. Mais le Christ ne parle pas de Lui-même. Il ne fait que transmettre le message du Père. Qui a vu le Christ a vu le Père ; le Christ est UN avec le Père. Le ho ôn est bien le Christ, qui PAR Lui, nous fait connaître et voir le Père.

C’est DANS l'Esprit que Moïse contemple le Buisson ardent et entend la Parole : sans l’effusion de l'Esprit, la Parole ne serait que « tonnerres, lueurs et son de trompe » (Ex. 20 ; 18 ) tels que les entendit le peuple amassé au pied de la montagne, lors de la communication du Décalogue. Sans l'Esprit, la vision ne serait que « nuée et ténèbres » (Dt. 5 ; 22). Juste avant la Passion, la voix du Père se fit entendre, disant : « Je l’ai glorifié et je le glorifierai encore » (Jn. 12 ; 28). La foule dépourvue de l'Esprit « disait que c’était un coup de tonnerre » (v. 29) : elle était incapable de percevoir la parole du Père. L'Esprit éveille dans le cœur de l’être humain les sens spirituels qui permettent de percevoir la Présence divine et le message qu’elle apporte - de le comprendre dans tous les niveaux de l’être, et pas seulement l’intellect.

La flamme du Buisson est un symbole qui désigne l'Esprit. Bien sûr, le Buisson ardent est un important symbole mariologique : c'est la Mère de Dieu qui est représentée au sein du Buisson ardent, dans la fresque que nous voyons figurée ci-dessus. Le Buisson désigne la Mère de Dieu en qui demeura le feu de la Divinité sans qu’elle ne soit consumée. L'Esprit qui fait resplendir le Buisson est le même qui recouvrit la Mère de Dieu lors de l’annonce faite par l’Archange Gabriel. L’«Étant» est le Père, et sa manifestation est l’œuvre des trois Personnes trinitaires.

Le Christ en tant que Dieu, s’approprie ce Nom divin, d’autant plus que c’est uniquement par Lui que nous pouvons connaître le Père. Lorsqu’il parle à la Samaritaine, et qu’elle dit : « je sais que le Messie, celui qu’on nomme Christ, doit venir. Quand il viendra, il nous annoncera tout » (Jn 4 ; 25) – il lui répond (v. 26) :

Je Le Suis

Cette parole appartient à l'Évangile de Jean. Et c'est justement l'œuvre de cet Apôtre qui nous permettra de poursuivre plus avant notre recherche sur le Nom divin et plus précisément, sur le sens de ce qu'a accompli pour nous le Christ. Généralement, Les gens de bonne volonté éprouvent beaucoup d'admiration pour l'Évangile de Jean. Mais on le lit sans trop le comprendre. C'est un écrit qui est transparent pour notre cœur, mais qui présente un réel défi pour notre compréhension intellectuelle. C'est un écrit qui n'est guère aimé par les exégètes : ils y constatent la présence d'innombrables répétitions qui leur semblent superflues. Les exégètes multiplient les hypothèses pour y discerner une structure, au point de penser que les feuillets du manuscrit original auraient pu être mélangés (!) - à moins que selon eux, l'Évangile que nous avons dans les mains ne serait qu'un conglomérat de textes maladroitement rassemblés, ce qui expliquerait les doublets.

En ce qui nous concerne, nous sommes persuadés de deux choses : d'une part, l'auteur de l'Évangile de Jean était absolument persuadé de l'importance capitale du message qu'il mettait par écrit. C'est à ses yeux, un message d'une importance primordiale pour le devenir de l'humanité.

Le deuxième point que nous désirons souligner est celui-ci : étant persuadé de l'importance primordiale du message qu'il avait à transmettre, l'auteur de l'Évangile de Jean a accordé une attention toute particulière à la rédaction de son texte. Il a pensé au moindre détail de celui-ci, et pratiquement rien n'a été laissé au hasard. Rien n'a été répété pour le simple plaisir de le faire, ou par simple négligence rédactionnelle. Tout est porteur de sens ; c'est à nous de le découvrir dans le texte.

Le Prologue de l'Évangile de Jean : le texte

Ci-dessous, nous voyons le feuillet du papyrus Bodmer II [P66]
qui contient l'ensemble du texte du Prologue.
Ce papyrus date d'environ 200.

Il existe un papyrus plus ancien que celui-ci : c'est le P52, daté d'environ 125. Il contient Jn 18;31-33, 37-38. Le P66 nous donne le texte le plus ancien de l'ensemble de l'Évangile de Jean. L'Évangile de Jean fut écrit en Asie Mineure vers la fin du premier siècle, et le Bodmer II nous montre que cent ans plus tard, un manuscrit de ce texte se trouvait dans une bibliothèque égyptienne. Le manuscrit compte 154 pages, dont 108 intactes (codex de 16,2 x 14,2 cm.). Ce manuscrit fut acheté en 1956, suite à la découverte à Assiout (Haute-Égypte) d'un ensemble de huit cents feuillets de papyrus, ensemble de textes divers dont la collection remonte au IVe ou au Ve siècle.

Papyrus Prologue

Voici le texte complet du Prologue :

La première et la dernière partie du texte est en VERT;

La deuxième et l'avant-dernière partie du texte est en BLEU;

La partie centrale du texte est en ROUGE.

Le Prologue partie 1 Le Prologuepartie 2 Le Prologue partie 3 Le Prologue partie 4 Le Prologue partie 5

À la simple lecture du texte du Prologue, nous constatons qu'il s'y trouve une remarquable répétition : à deux reprises, l'évangéliste nous parle de saint Jean-Baptiste. « Il y eut un homme envoyé de Dieu ; son nom était Jean » - les versets 6, 7 et 8. Et en deuxième lieu : « Jean rend témoignage (au Verbe) et il y clame... » : le verset 15. S'il ne s'agit pas d'une répétition superflue, nous constatons que le texte est bâti de façon symétrique par rapport à un centre ? Les passages se répondent deux par deux, suivant une loi de symétrie. Il y a deux passages traitant de saint Jean-Baptiste, tout simplement parce qu'ils encadrent une partie centrale.


Le Prologue de l'Évangile de Jean : première partie (versets 1 à 8)


Christ Pantokrator

C'est avec crainte et respect que nous abordons les paroles fondamentales qui ouvrent l'Évangile de Jean. La première partie du texte du Prologue s'ouvre par les mots – la Révélation du Verbe :

Au Commencement

Qu’est-ce que « Le Principe » ?

« Dans le Principe », à l’origine, à la Source de toute Réalité. Il s'agit des deux premiers mots de la Genèse, décrivant l’Ancienne Création :

Dans le Principe

Jean nous dit dès les premiers mots ce dont il s’agit : il veut nous faire part de la Nouvelle Création.

Laissons retentir la voix du Prophète Isaïe (LXX 41; 2 – 4) :

Qui a suscité

L’Orient venu d’En-Haut, l’Incarnation de la Justice, Qui Le suscite, si ce n’est le Père ? Le Père est le Dieu Premier, Celui qui génère tout depuis le Principe qu’Il est Lui-même, et qui éternellement, EST.

Le Principe du Prologue de Jean n’est nullement une notion philosophique, mais est issu du langage prophétique des Écritures.

Voici le texte :

Le Prologue partie 1

La structure de la première partie :

Les deux premiers versets du Prologue possèdent une structure remarquable :

- la première et la dernière section traitent du Principe
avec le terme « commencement/principe » en parallèle ;

- et les deux sections centrales traitent de la Divinité
avec le « Verbe » en parallèle :

Structure partie 1

La notion d’éternité du Verbe est soulignée en plusieurs endroits de l’Évangile de Jean :

- le Christ dit à ses Disciples, après son enseignement en la synagogue de Capharnaüm : « … quand vous verrez le Fils de l’Homme monter là où Il était auparavant » (6 , 62) ;
- dans son dialogue avec les Juifs, le Christ leur dit : « Avant qu’Abraham fût, JE SUIS » (8 ; 58) – ce qui eut un effet immédiat : « ils ramassèrent des pierres pour les Lui jeter » (v. 59) ;
- Le Christ dit, dans sa prière adressée au Père : « Rends-Moi la gloire que J’avais auprès de Toi avant que le monde fût » (17;5).

« Éternité » n’est sans doute pas le mot qui convient, car ce terme fait généralement référence à « un temps qui n’a pas de fin ». Le Verbe n’est nullement prisonnier du temps. La position du Verbe par rapport au temps est antinomique : Il est hors du temps, du fait qu’il est Dieu et qu’il n’est aucunement enfermé dans cette catégorie ; Il est dans le temps, puisqu’Il s’est incarné, et a vécu parmi nous dans le temps. Il est bien sûr sans commencement car Il est incréé en tant que Dieu, mais il est engendré par le Père, en tant que Fils unique.

L’éternelle Communion du Verbe avec le Père est soulignée en ce passage de l’Évangile de Jean : « Tu M’as aimé avant la Création du monde » (17 ; 24 – dans la « Prière sacerdotale »).

« Tout fut par Lui, et rien de ce qui fut, ne fut sans Lui » (verset 3). C'est le Verbe Créateur. Le Père est « Créateur du Ciel et de la terre », comme il est dit dans le Symbole de Foi. Mail Il crée l'Univers PAR le Christ. C'est ce que montre l'iconographie traditionnelle ; c'est le Christ qui met en œuvre la création :


Christ créateur

Verset 4 : le Verbe nous apporte la Vie, qui se montre aux êtres humains sous forme de Lumière. Les êtres humains se sont fermés à cette Lumière. L'adéquation de la Vie donnée du Père par le Fils, avec la Lumière, est un élément fondamental de la théologie johannique.

Verset 5 : la lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont pas saisie.

Suit le témoignage de Jean-Baptiste (verset 6 et suivants) :

6 - Il y eut un homme envoyé de Dieu ; son nom était Jean.
7 - Il vint pour témoigner, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous crussent par lui.
8 - Celui-là n'était pas la lumière, mais il avait à rendre témoignage à la lumière.


Le Prologue de l'Évangile de Jean : dernière partie (versets 15 à 18)


Voici le texte :

Le Prologue partie 5

Nous trouvons un deuxième énoncé du témoignage de Jean-Baptiste, dans la dernière partie du texte du Prologue :

15 - Jean lui rend témoignage et il clame : C'est de lui que j'ai dit :
Celui qui vient derrière moi (le Christ vient après Jean-Baptiste),
Le voilà passé devant moi (le Christ, en tant que Dieu incarné, est supérieur à Jean-Baptiste),
parce qu'avant moi il était (Le Christ EST de toute éternité).

16 - Oui, de sa plénitude nous avons tous reçu, et grâce pour grâce (la première grâce de la Loi avec Moïse ; la seconde grâce de la Vérité, avec le Christ).
17 - Car la Loi fut donnée par Moïse ; la grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ.

Cette section est parallèle au verset 3 que nous trouvons après la première partie – parallélisme caractérisé par l’usage de la préposition dia - « par » :
3 - Tout fut par (dia) lui, et rien de ce qui fut, ne fut sans Lui.
Dans les deux sections, la préposition dia marque le fait que la création fut opérée DU Père PAR le Fils (sens du verset 3) et que l’action « extérieure » que Dieu exerce dans sa création s’effectue elle aussi DU Père PAR le Fils (sens du verset 17).

Le verset 17 possède une structure remarquable :
- le début du verset désigne Moïse ;
- la fin du verset désigne Jésus-Christ.

La Loi fut donnée par Moïse ; la grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ : Jésus est identifié comme nouveau Moïse. Cette notion est importante dans l’Évangile de Jean. Nous le verrons dans notre lecture attentive de l’œuvre de l’Évangéliste.

Nous trouvons la seule autre occurrence du nom « Jésus-Christ » dans l’Évangile de Jean - en 17 , 3 : « La Vie éternelle, c’est qu’ils Te connaissent le Père), Toi, le seul véritable Dieu, et ton envoyé, Jésus-Christ ». Nous reviendrons plus tard sur ce passage.

Le centre du verset nous parle de la grâce et de la vérité.

L’Évangéliste Luc nous dit du Christ-Enfant que « la grâce de Dieu reposait sur Lui » (Lc. 2 ; 40). Or c’est l’Esprit qui repose sur le Christ lors de la Théophanie (Lc. 3 ; 22 // Mc. 1 ; 10 // Mt. 3 ; 16). Nous pouvons donc identifier la « grâce » à l’Esprit-Saint.

Dans le texte de l’Évangile de Jean, nous trouvons cette parole du Christ : « Je suis la Voie, la Vérité et la Vie ». Nous pouvons identifier la « vérité » au Christ.

Que signifie cette parole : « la grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ » ? Cela signifierait-il : « le Christ et l’Esprit sont venus par le Christ » ? Cela aurait peu de sens…
Ces deux versets parallèles du Prologue nous parlent de l’œuvre du Christ, PAR qui s’accomplit l’action du Père. Toute action divine concerne les trois Personnes : le Père, le Fils et l'Esprit. L'action divine vient DU Père, et s'effectue PAR le fils, DANS l'Esprit. Tout ce qui concerne la croissance et l'épanouissement de la vie divine concerne l'Esprit. Jean va nous parler de l'œuvre de l'Esprit plus loin dans son Évangile.

Aucune Personne divine n'agit donc de façon « autonome ». L'action divine est nécessairement trinitaire. Mais elle n'a pas une sorte de « flux cosmique ». L'action divine s'organise toujours suivant le vecteur de l'une des deux Personnes qui manifestent l'action du Père : le Fils et l'Esprit. Le Christ agit Lui-même, mais l'Esprit le couvre, et le Christ quant à Lui, manifeste le Père. L'Esprit agit, et Il désigne le Christ qui Lui-même montre le Père. Cette action qui vient du Père et qu'Il exerce via les deux Personnes qui à leur tour manifestent la Source éternelle, cette action ne saurait être créée, puisqu'elle est tout entière divine. Ce n'est pas une sorte de « phénomène naturel » qui serait provoqué par un Dieu lointain. Dieu est tout entier présent dans son action, qui est toujours absolument personnelle.

Le verset du prologue « la grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ » exprime tout cela : l'action trinitaire de Dieu trouve sa Source absolue dans le Père. Cette action s'exerce PAR le Fils et DANS l'Esprit, auprès des créatures. Le Christ fait passer par lui l'action du Père ; et cette action du Père en tant que telle n’est pas exclusivement l’œuvre du Christ : elle est l'œuvre tout à la fois du Christ et de l'Esprit : de la grâce et de la vérité.

Remarquons comment l’évangéliste Jean a pu faire tenir en quelques mots une vérité si profonde et complexe : Le Fils et l'Esprit agissent en tant que Personnes trinitaires. Mais l'action divine considérée en elle-même est à la fois personnelle et trinitaire : les trois Personnes s'engagent et s'investissent personnellement dans l'action divine, qui n'est pas une sorte de médiation créée. Pourtant, l'action divine elle-même n'est pas comparable à une corde constituée de trois brins qui serait la juxtaposition de trois actions individuelles. Cette action commune, pleinement trinitaire, provient DU père comme de sa source absolue, passe PAR le Christ, et enfin s'épanouit et s'enracine DANS l'Esprit. Le « PAR » qui exprime admirablement le mode d'action du Christ, est ce que veulent nous faire comprendre ces deux versets parallèles du Prologue.

C’est précisément ce que nous dit saint Paul, dans ce passage de la première épître aux Corinthiens (I Co. 8 ; 6) :
Nous n’avons qu’un seul Dieu le Père DE Qui ex ou sont toutes choses et nous sommes pour Lui eis auton {nous sommes nous aussi, en tant qu’ « engendrés de Dieu » (Prologue 1 ; 13) vers le Père, comme le Verbe qui est « vers eis le sein du Père » (Prologue 1 ; 18)}
Et un seul Seigneur Jésus-Christ PAR Qui di'ou tout (existe)
Et nous (sommes) PAR Lui di'autou « Tout fut par Lui » (Prologue 1 ; 3).

Prologue verset 18 1

18 - Nul n'a jamais vu Dieu ; le Fils uniquemonogenès theos »), qui est tourné vers le sein du Père (« ho ôn eis ton kolpon » - L'ÉTANT (il s’agit du Nom divin ; en tant que porteur du Nom divin, le Fils est DIEU, Divinité qui est affirmée explicitement dans la première partie du Prologue) vers le sein du Père - faisant écho à la première partie, où le Verbe est avec Dieu « pros ton theon », littéralement avec LE Dieu, ce qui désigne le Père dans le Nouveau Testament), Lui (le Verbe), l'a fait connaître (exègèsato - l'a « expliqué » : c'est le verbe d'où provient le mot « exégèse »).

Le Fils fait connaître le Père. Cette notion n’est pas exclusive à Jean : elle se trouve dans les Évangiles de Luc et de Matthieu : « Tout Me fut remis par mon Père, et personne ne connaît qui est le Fils sinon le Père, et qui est le Père sinon le Fils et (celui) à qui le Fils veut bien Le révéler » Lc. 10 ; 22 et Mt. 11, 27.

La première partie parle des relations existant entre le Père et le Fils :
- le Fils est éternel (dans le Principe) ;
- le Fils est en Communion parfaite avec le Père (Il est vers Lui) ;
- le Fils est Dieu, tout comme le Père.

La dernière partie parle également des relations existant entre le Père et le Fils :
- l’Étant ho ôn - qui est le Verbe, comme nous l’avons vu - est vers le sein du Père, c’est-à-dire en Communion parfaite avec Lui ;
- le Fils « fait connaître » (exègeisthai - expliquer) le Père ;
- personne n’a jamais vu le Père, qui est rendu visible par le Fils.

Dans la dernière partie apparaît le Nom divin, ainsi que le titre monogenès pour le Verbe.

Nous avons donc un enseignement très complet sur le Christ :
1) Il est le Verbe ;
2) Le Verbe préexiste à toutes choses ;
3) Le Verbe est Dieu ;
4) Le Verbe est vers le sein du Père, en totale communion avec Lui ;
5) Le Verbe est monogène – unique-engendré ;
6) Le Verbe est l’Étant ;
7) Le Verbe manifeste le Père.

Ce deuxième témoignage de Jean-Baptiste affirme l'éternité du Verbe, en même temps que sa venue dans le temps. La Révélation des relations Père / Fils viennent compléter ce qui est dit en la première partie du Prologue : Le Père reste inconnaissable ; le Fils, qui est "vers" Dieu le Père, Le fait connaître.

Les deux parties sont symétriques quant au sens : nous y trouvons la Révélation de la relation Père / Fils, ainsi que le témoignage de saint Jean-Baptiste.


Le Prologue de l'Évangile de Jean :
deuxième et avant-dernière partie (versets 9 à 11, et 14)

Voici la deuxième partie du texte du Prologue :

Le Prologue partie 2

Lisons l'avant-dernière partie du Prologue :

Le Prologue partie 3

verset 14 b : et il a habité (dressé sa tente) parmi nous, est l’accomplissement de la prophétie d’Amos (9 ; 11) :
En ce jour-là, je relèverai la tente de David qui était tombée.

Nous avons une symétrie par opposition de sens :

- d'une part, les siens ne l'ont pas accueilli, le monde ne l'a pas reçu ;
- d'autre part : nous avons contemplé sa gloire.

Cette opposition de sens est vécue dans une même perspective : la lumière qui illumine tout homme est la gloire provenant du Père par le Verbe.

Le Prologue de l'Évangile de Jean : partie centrale (versets 12 et 13)

Voici le texte :

Le Prologue partie 3

Remarques sur le texte :
le « de » est omis par le manuscrit D (Bezæ Cantabrigiensis) et plusieurs Pères ;
« elabon » vient de « lambanô » recevoir ;
« exousia » signifie « autorité, compétence » ;
« tekna » signifie « enfants par génération » : « devenir engendrés de Dieu » plutôt que « uioi » - « fils par adoption » ;
« ouk ex aimatôn » - ceux qui ne furent pas engendrés par les sangs : on peut penser que ce pluriel désigne la dualité des sexes ou la pluralité des générations humaines ;
« tekna theou egennèthèsan » - ce sont les « enfants de Dieu » qui ne sont engendrés ni « des sangs », ni du vouloir de chair, ni de vouloir d’homme. La construction grammaticale se fait par rapport au sens : « ad sensum ».

Dans cette partie centrale du Prologue, nous trouvons trois éléments :
- la divinisation: le « pouvoir de devenir enfants de Dieu », de recevoir de Lui la Lumière et la Vie ;
- la récapitulation: la capacité de renaître en Dieu, d'être engendré en Lui, sans que cela n'ait rien à voir avec notre dimension présente.
Et comment ? En croyant en son NOM.

C'est là où se trouve la clef de compréhension que nous donne le Prologue : c'est le Nom divin qui nous servira de « fil conducteur » dans tout l'Évangile de Jean.

Ce que Jean nous apporte, ce n'est pas simplement une connaissance - quoique la connaissance soit importante et indispensable. Jean ne nous apporte pas uniquement une philosophie.

Ce que Jean nous apporte, ce n'est pas simplement un exemple de bienfaisance ou de bon comportement humain – bien que la Foi sans application pratique et engagement personnel est stérile : « Cherchez d’abord le Royaume et sa justice, et tout cela (le vivre et le vêtement) vous sera donné par surcroît » Mt. 6 ; 33 // Lc. 12 ; 31.

La grande question du Salut du monde et de notre accès à la connaissance de Dieu, est une question à ce point fondamentale et essentielle qu'elle ne peut se satisfaire d'une simple proposition de réparation ou de correction du monde qui nous entoure. La seule réponse véritable et intégrale est la recréation de l'Univers, et notre propre renaissance. Il s'agit de récapituler la réalité tout entière et, pour nous-mêmes, de renaître, tout simplement. La solution est globale, intégrale : il ne peut s’agit d’un « replâtrage » partiel. C’est l’enseignement que Jésus donne à Nicodème, et qui le plonge dans la perplexité : « à moins de naître d’Eau et d’Esprit, nul ne peut entrer au Royaume de Dieu » Jn. 3 ; 5.

Le Prologue de Jean annonce ce que l'Évangile va nous révéler : comment le Christ nous donne-t-il la possibilité d'être engendrés de Dieu, par un engendrement qui est bien au-delà de toute volonté de la chair, qui est bien au-delà de toute ambition de l'être humain.

Le Prologue de Jean nous désigne aussi l'instrument par lequel cette récapitulation pourra être mise en œuvre : il s'agit de la Foi en le Nom divin - ce Nom divin dont nous avons déjà décrit la révélation dans l'Ancien Testament.

Le Prologue de Jean nous indique comment est rédigé l'Évangile et de quelle façon il convient de lire pour comprendre ce que l'évangéliste a voulu nous signifier. Car le Prologue est construit de façon symétrique. Nous découvrirons que l’ensemble de l'Évangile est constitué de « blocs de texte », les péricopes, qui sont toutes bâties de façon symétrique, des paragraphes se reflétant en miroir autour d’un paragraphe ou d’un verset central. Il n’y a aucune répétition dans l'Évangile de Jean ; uniquement des symétries. Rien n’est inutile ou redondant dans l'Évangile. Faute de comprendre cela, les exégètes disent que les versets du Prologue qui concernent Jean-Baptiste interrompent les développements sur le Verbe et paraissent être des ajouts.

Les symétries permettent de découvrir l’organisation interne du texte qui a été voulue par l'Évangéliste Jean. Cela permet également de découvrir ce qui, pour l'Évangéliste, était important. Ce n’est pas notre pensée qui est importante, c’est celle de saint Jean, témoin oculaire de l’œuvre salvifique du Christ.

Le plus souvent, la pensée essentielle de la péricope est répétée deux fois - présentée sous deux aspects différents - autour du paragraphe central qui sert de charnière. C’est d’ailleurs la richesse de ce mode d’expression, qui présente plusieurs facettes d’une même vérité ou d’un même événement, pour mieux le faire comprendre. Parfois, mais moins souvent, le paragraphe central de la péricope est porteur de la pensée essentielle de celle-ci. Pourquoi l’auteur a-t-il utilisé une telle méthode ? Sans doute parce qu’il pensait de cette façon, tout simplement. Sa pensée était façonnée par la culture orale hébraïque où il était immergé. Des textes inlassablement récités de mémoire finissent par acquérir une structure caractéristique. L’organisation symétrique d’un texte est un puissant adjuvant à la mémoire. Saint Jean a écrit comme il parlait, et il a certainement répété des milliers de fois son témoignage avant qu’il ne soit mis par écrit. Cette répétition orale a fini par donner sa « couleur » au texte écrit.

Jean l'Évangéliste


L'objectif tracé initialement a-t-il été atteint ? ?

Nous sommes maintenant en possession des deux clefs qui nous seront indispensables pour la compréhension de l'Évangile de Jean. Nous allons maintenant parcourir le texte évangélique à la recherche des Noms divins, qui seront pour nous des précieuses balises dans notre lecture.
En chaque passage, nous resterons vigilants afin de percevoir les symétries qui peuvent nous éclairer pour la découverte de ce qui est réellement prioritaire et porteur de sens, dans le texte.
Tout au long de notre étude du texte, nous serons conscients du fait que l'Évangéliste a apporté la plus grande attention à la rédaction de ce livre, y réfléchissant au moindre détail, et que le message qu'il voulait transmettre revêtait à ses yeux la plus haute importance. Loin de nous toute idée d'attribuer à ce texte quelque négligence que ce soit, ou quelque hasard dans sa disposition.
Soyons dans l'attitude de disciples à l'écoute de la Vérité, assis avec Prokhore aux pieds du Maître.







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T. des Matières

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