Orthodoxie en Abitibi

La première Épître de Jean, quatrième diptyqye

Étude XLV : La Première Épître de Jean - quatrième diptyque

- P. Georges Leroy -

Cliquer ci-dessous, pour vous retrouver aux points correspondants du texte :

Le Quatrième Diptyque : Témoignage - Premier volet : nous témoignons que le Père envoie le Fils-Sauveur
Le Quatrième Diptyque : Savoir - Deuxième volet : nous savons que nous avons la Vie éternelle




Quel est l'objectif que nous nous proposons d'atteindre ?



Nous voici arrivés au quatrième et dernier Diptyque. Là aussi, nous scruterons la structure de ce texte, et tâcherons de discerner le message et la signification que cette conclusion de l'Épître veut nous transmettre.









Le Troisième Diptyque : Témoignage

(A) Premier volet : Nous savons que le Père envoie le Fils-Sauveur
(4 ; 14, 5 ; 10)

Les limites du texte sont constituées par les expressions :
« Nous témoignons que le Père a envoyé » / « il n'a pas cru au témoignage que Dieu [le Père] a rendu à son Fils » (3 ; 11 // 3 ; 23).

Voici le texte :

- 1 -

4 ; 14 Et nous, nous avons contemplé et nous témoignons que le Père a envoyé le Fils-Sauveur du monde.
15 Celui qui confessera que Jésus est le Fils de Dieu, Dieu demeure en lui et lui en Dieu.
16 Et nous, nous avons reconnu l'amour que Dieu a pour nous, et nous y avons cru.
Dieu est Amour : celui qui demeure dans l'Amour demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui.

- 2 -

4 ; 17 En ceci consiste la perfection de l'amour en nous : que nous ayons pleine assurance au jour du Jugement, car tel est Celui-là, tels aussi nous sommes en ce monde.
18 Il n'y a pas de crainte dans l'amour ; mais l'amour parfait bannit la crainte, car la crainte implique un châtiment, et celui qui craint n'est pas parfait dans l'amour.
19 Quant à nous, aimons-Le, puisque Lui-même nous a aimés le premier.
20 Si quelqu'un dit : « J'aime Dieu » et qu'il déteste son frère, c'est un menteur :
celui qui n'aime pas son frère, qu'il voit, ne saurait aimer le Dieu qu'il ne voit pas.
21 Et nous avons reçu de Lui ce commandement : que celui qui aime Dieu aime aussi son frère.

- 3 -

5 ; 1 Tout croyant que Jésus est le Christ est né de Dieu ;
et tout aimant Celui qui a engendré, aime Celui qui est né de Lui.
2 Nous connaissons que nous aimons les enfants de Dieu à ce que nous aimons Dieu et que nous pratiquons ses commandements.
3 Car ceci est l'amour de Dieu : que nous gardions ses commandements. Et ses commandements ne sont pas pesants,
4 parce que tout ce qui est né de Dieu remporte la victoire sur le du monde. Et telle est la victoire qui a vaincu le monde : notre foi.
5 Quel est le vainqueur du monde, sinon celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu ?

- 4 -

5 ; 6 C'est Lui qui est venu par eau et par sang : Jésus Christ, non avec l'eau seulement mais en l'eau et en le sang.
Et c'est l'Esprit qui rend témoignage, parce que l'Esprit est la Vérité.
7 Car il y en a Trois qui rendent témoignagedans le Ciel : le Père, le Verbe et l'Esprit, et ces Trois sont Un.
8 Et il y en a trois qui rendent témoignage sur la terre : l'esprit, l'eau et le sang, et ces trois tendent vers le Un.
9 Si nous recevons le témoignage des hommes, le témoignage de Dieu est plus grand.
Car c'est le témoignage de Dieu, qui a rendu témoignage à son Fils.
10 Celui qui croit au Fils de Dieu a ce témoignage en lui.
Celui qui ne croit pas en Dieu Le fait un menteur, puisqu'il n'a pas cru au témoignage que Dieu a rendu à son Fils.


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Première partie : 4 ; 14 - 16.

4 ; 14 Et nous, nous avons contemplé et nous témoignons que le Père a envoyé le Fils-Sauveur du monde.
15 Celui qui confessera que Jésus est le Fils de Dieu, Dieu demeure en lui et lui en Dieu.

16 Et nous, nous avons reconnu l'amour que Dieu a pour nous, et nous y avons cru.
DIEU EST AMOUR : celui qui demeure dans l'Amour demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui.


Il y a un seul Dieu et Père de tous, qui est au-dessus de tous, par tous et en tous.

Éphésiens 4 ; 6.

Dieu est UN, mais cette Unité n'est pas celle d'un Absolu philosophique.
Dieu est UN, d'une façon personnelle : Il est UN, parce qu'il n'existe qu'un seul Père.
Un père, c'est quelqu'un qui VEUT l'existence de ses enfants. Si quelqu'un engendre des enfants de façon irresponsable, c'est un géniteur biologique, mais en aucun cas, un père, dans la pleine acception du terme.

En disant « Notre Père », j'affirme ma foi dans le fait irréfutable de l'existence de Quelqu'un qui VEUT mon existence ici et maintenant. Non seulement, Il veut que j'existe, mais Il veut que je L'aime et que je Le connaisse en toute liberté ; Il me fait exister par un acte de création continue, par une initiative permanente de sa part ; il tient en réserve le plan de vie qu'Il désire me proposer, et auquel Il souhaite me voir collaborer.

À partir du moment où je dis à Dieu « Notre Père », je sais, avec une parfaite évidence, que je ne suis pas seul au milieu de l'immensité de l'Univers - et je sais avec une parfaite certitude que je suis l'objet de l'attention particulière de la part de Celui qui a créé l'Univers entier, et qui me permet d'exister à l'heure actuelle, en me fournissant tout le décor de mon environnement.

Aussitôt que tu as confessé que Dieu est le Père de son Fils unique, toi-même, tu es adopté comme un enfant de Dieu le Père, afin d'être héritier du Ciel - toi qui étais considéré comme exilé du Paradis et habitant de la terre. Et c'est pourquoi, maintenant, tu peux crier : Notre Père qui est aux Cieux.

Pierre Chrysologue (380 - + vers 450) Sermon 68.

- La foi qui a proclamé Dieu comme un Père, cherche aujourd'hui à le nommer ton Père.
- La voix qui a confessé le Fils comme un Dieu, t'a aussi adopté comme Fils de Dieu.
- La croyance qui a de même, revendiqué la Divinité pour l'Esprit, t'a transmué de la substance mortelle de la chair, en une substance animée de la Vie de l'Esprit.

Ibid. Sermon 71.

§ 1. Celui qui ne procède de personne.

Les noms divers donnés à la première Personne divine, dans l'Écriture et dans les monuments de la Tradition, suffiraient - si toutefois cette vérité avait besoin de preuves - à établir la première prérogative du Père, à savoir :
- qu'Il est dans la Trinité le Principe qui ne connaît pas de principe,
- qui n'est engendré par personne,
- qui ne procède de personne,
- et ne tient que de Lui-même son Être et sa Divinité.

N'est-ce pas, en effet, professer formellement ce dogme que d'appeler le Père Celui qui est inengendré, improduit ? N'est-ce pas déclarer manifestement qu'Il ne tient sa Divinité comme son Être que de Lui-même, que de Le nommer le Dieu qui est au-dessus de tout, et au-dessus duquel il n'y en a pas d'autre, le Premier Dieu ? Quelques Anciens , pour exprimer plus distinctement cette vérité, l'appellent le Dieu inengendré, le Dieu improduit, par opposition au Fils - qu'ils appellent le Dieu Fils unique, le Dieu engendré (theos agennetos. S Just., Dial., n. 127. Origen., In Joann., t. I, n. 27, etc.).

Origène, qui a eu plus souvent que d'autres à le considérer sous cet aspect, lui donne le nom de Dieu par lui-même (Autotheos. Origen., In Joann., t. II, n. 2, 3) ; et tous s'accordent à dire, avec Tertullien, que le Père « n'a pas de principe de son Être, qu'Il ne procède ni ne naît de personne» (Pater non habens initium, ut a nullo prolatus, ut innatus... Tertull., Adv. Prax., c. XIX).

§ 2. Le langage de l'Écriture et de la Tradition.

Si cette doctrine avait besoin d'être confirmée, nous en trouverions une preuve bien éclatante dans ce langage de l'Écriture et de la Tradition, selon lequel le nom de Dieu est donné ordinairement au Père seul et avec une attribution particulière (Rom. XV, 6, etc. II Cor. I, 3; XI, 31 ; Eph. I, 3 ; IV, 6 ; I Thess., I, 1, 3 ; III, 11, 13 ; II Thess. I, 1, 2 ; II, 15 ; I Pet. I, 3). C'est ce qu'on voit spécialement dans le passage de saint Paul où, après avoir parlé des Gentils, qui admettaient plusieurs seigneurs et plusieurs dieux, il dit :

Pour nous, nous n'avons qu'un seul Dieu, qui est le Père de qui toutes choses tirent leur être, et c'est en Lui que nous sommes, et qu'un seul Seigneur, Jésus-Christ, par qui toutes choses ont été faites, et c'est par Lui que nous sommes.

I`Cor. VIII, 6.

À cela se rapportent tous les passages du Nouveau Testament où Jésus-Christ est appelé le Verbe de Dieu, l'Image de Dieu, le Fils du Dieu vivant, le Fils vrai du vrai Dieu, et où il est dit que Dieu a envoyé, a donné son Fils, son Fils unique, que le Dieu d'Abraham a glorifié son Fils Jésus (Apoc. XIX, 13. Col. I, 15. Matth. XVI, 16. I Joann. V, 20. Joann., III. 17, 16. Act. III, 13).

Nous trouvons le même langage dans les Symboles. En tous le Père est appelé Dieu le Père, ou le Dieu unique, le Fils est appelé le Seigneur ; et si, dans plusieurs des formules symboliques de l'antiquité, le Fils est appelé Dieu, ce n'est pas simplement, absolument comme le Père. Enfin, pour tout dire en quelques mots, ce langage est celui des liturgies anciennes, comme il l'est de la liturgie observée aujourd'hui, et on le remarque dans tous les anciens docteurs (Nam et si Deus sermo, sed apud Deum, quia ex Deo Deus. Tertull., Adv. Prax., c. XV).

Sans doute ce langage n'est pas sans motif ; et l'on conçoit aisément qu'il était bon que des noms différents fussent donnés au Père et au Fils, afin qu'on ne pût être exposé à les confondre. Mais ce n'est là qu'une raison générale, et qui n'explique pas en particulier pourquoi le Père est appelé Dieu d'une manière spéciale.

Est-ce donc parce que, dans l'œuvre de la rédemption du genre humain, le Père a représenté spécialement la majesté divine, tandis que le Fils a rempli les fonctions de médiateur, et le Saint-Esprit celle de sanctificateur des âmes ? Oui certainement ; mais le langage de l'Écriture et de la Tradition que nous venons de signaler tient à une raison plus profonde encore. Il tient à ce que le Père possède la Nature divine d'une manière qui lui est propre. Il est Dieu par lui-même, tandis que le Fils et le Saint-Esprit le sont par Lui. Seul donc, à la différence des deux autres Personnes, Il doit être appelé Dieu par lui-même, non que la Nature divine qui est dans le Fils et le Saint-Esprit ne soit par elle-même, ou qu'elle ne soit pas la même Nature absolue que celle du Père, mais parce que le Père, ne tenant la Nature divine que de Lui-même, la communique au Fils et au Saint- Esprit. Comme parlent saint Basile et saint Augustin : « Source et racine de l'un et de l'autre, principe de toute divinité » (Esti mèn gar ho Patèr... Riza kai pègè tou Huiou kai tou hagiou Pneumatos. Hom. XXIV, c. Sab. Totius... divinitatis, vel si melius dicitur, deitatis principium est Pater. De Trin., I. IV, c. XX, n. 29). On conçoit que le nom de Dieu Lui soit donné avec une attribution particulière ; mais cependant l'égalité naturelle des Personnes divines n'en souffre pas.

§ 3. La consubstantialité et l'égalité des Personnes divines.

Si l'on en doutait, si l'on craignait que le langage de l'ancienne Église n'impliquât l'inégalité, qu'on observe que le concile de Nicée, qui a directement défini la consubstantialité du Père et du Fils, ne s'est pas écarté de cette règle : « Nous croyons, dit-il, en un seul Dieu, le Père tout-puissant...; et en un seul Seigneur, Jésus-Christ, Fils unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles, Dieu de Dieu, lumière de lumière, vrai Dieu de vrai Dieu ». On le voit : le concile attribue au Père le nom de Dieu d'une manière spéciale, comme il attribue au Fils le nom de Seigneur ; il appelle le Père le Dieu unique d'une manière absolue, et en proclamant la divinité du Fils, il dit qu'il est Dieu de Dieu, vrai Dieu de vrai Dieu ; c'est ce qui faisait dire à saint Augustin, expliquant ces paroles de Jésus-Christ : Je suis de Lui, et c'est Lui qui M'a envoyé (Joann. VII, 27) :

II dit, Je suis de Lui, parce qu'Il est du Père, et que tout ce qu'est le Fils il le tient de Celui dont Il est le Fils. Voilà pourquoi nous appelons le Seigneur Jésus Dieu de Dieu. Nous n'appelons pas le Père Dieu de Dieu, mais simplement Dieu. Et nous appelons le Sauveur Jésus lumière de lumière ; mais le Père, nous ne l'appelons pas lumière de lumière. C'est ce que veut dire cette parole, Je suis de Lui.

S. Aug., In Joann., t. XXXI, n. 4.

Les docteurs qui ont précédé le concile de Nicée ne l'entendaient pas autrement. On sait que, tous sans exception, lorsqu'ils parlent du Fils de Dieu seul, lui donnent le nom de Dieu, de Dieu par Nature, de vrai Dieu d'une manière directe et absolue ; mais, quand ils parlent du Père et du Fils, quand ils considèrent la divinité dans son Principe, ils modifient leur langage. C'est ce que Tertullien observe sagement dans son Traité contre Praxéas :

Dans les dénominations que j'aurai à donner au Fils de Dieu, j'imiterai en tout l'Apôtre, de telle sorte que, s'il faut nommer le Père et le Fils, j'appellerai le Père Dieu, et Jésus-Christ le Seigneur.
Mais, lorsque je parlerai du Christ seul, je pourrai l'appeler Dieu comme l'a fait le même Apôtre, lorsqu'il a dit : C'est d'eux (des patriarches) qu'est sorti, selon la chair, le Christ qui est Dieu au-dessus de tout, béni dans l'éternité.

(Tertull., Adv. Prax., c. XIII).

Lorsqu'on rencontrera, dans les docteurs des premiers siècles, des passages où le nom de Dieu est donné au Père avec une attribution particulière, il faudra donc bien se garder d'en conclure immédiatement qu'ils n'admettaient pas la consubstantialité ou l'égalité des trois Personnes divines ; mais on devra se rappeler que, pour les distinguer entre elles, ils envisageaient souvent le Père - non en ce qui lui est commun avec le Fils et le Saint-Esprit - mais en ce qui Lui est propre, et que, sous ce rapport, ils étaient autorisés à Lui attribuer spécialement le nom de Dieu.

Du reste - pour nous expliquer ici d'une manière générale - la différence de dénominations, l'attribution particulière de perfections ou d'opérations qui sont d'ailleurs communes à la Trinité divine, implique bien une distinction dans les Personnes, une manière spéciale de posséder originairement cette Nature et ces perfections, un ordre dans les opérations de ces Personnes, divers aspects sous lesquels on peut les considérer dans les opérations extérieures, - mais non une diversité de substance et une inégalité naturelle.

Mgr. Ginoulhiac, évêque de Grenoble. Histoire du Dogme catholique pendant les trois premiers siècles de l'Église jusqu'au concile de Nicée. Paris 1866. Tome II. Chap. 3. p. 228- - 234.

Saint Jean et la communauté apostolique parlent de leur propre expérience : « nous avons contemplé ». Cette affirmation se trouve également dans le Prologue : « ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé » (1 ; 1).

Sur base de cette vision et de cette expérience, ils témoignent - marturoumen.

Le contenu de ce témoignage est le fait que le Père - Dieu par Lui-même, Dieu-Principe absolu - a envoyé son Fils - Dieu unique-engendré - en tant que Sauveur du monde - ton huion sôtèra tout kosmou.

Cet envoi nous donne l'enjeu de notre existence terrestre : le choix de confesser - homologèsè, ou de refuser de confesser, que « Jésus est le Fils de Dieu », c'est-à-dire, du Père.

Si l'être humain fait cet acte de Foi, le Père demeure en lui, et lui dans le Père.

Dans ce passage capital, nous découvrons un Nom divin : DIEU EST AMOUR.
L'Amour est la Vie de Dieu, qui circule entre le Père, le Fils et le Saint-Esprit.

En faisant cette confession de Foi, nous sommes associés à la Vie de Dieu, qui est l'Amour parfait, qui dépasse et accomplit tout sentiment uniquement humain.

C'est cet acte de Foi qui est le déclencheur de notre vie en Dieu, de notre participation au Royaume, de notre prise de conscience de la présence aimante du Père en nous. C'est précisément ce que dit l'Apôtre Paul :

L'homme est justifié par la Foi (Rom. 3 ; 28).
Ayant donc reçu notre justification de la Foi, nous sommes en paix avec Dieu (le Père) par notre Seigneur Jésus-Christ (Rom. 5 ; 1).

Parallèle à :

Avant-dernière partie : 5 ; 6 - 10.

- Le comma johannique -

5 ; 6 C'est Lui qui est venu par eau et par sang : Jésus Christ, non avec l'eau seulement mais en l'eau et en le sang.
Et C'EST L'ESPRIT QUI REND TÉMOIGNAGE, parce que l'Esprit est la Vérité.

7 - Car il y en a Trois qui rendent témoignage dans le Ciel : le Père, le Verbe et l'Esprit, et ces Trois sont Un.
8 - Et il y en a trois qui rendent témoignage sur la terre : l'esprit, l'eau et le sang, et ces trois tendent vers le Un.

9 Si nous recevons le témoignage des hommes, le témoignage de Dieu est plus grand.
Car c'est le témoignage de Dieu, qui a rendu témoignage à son Fils.

10 - Celui qui croit au Fils de Dieu a ce témoignage en lui.
- Celui qui ne croit pas en Dieu Le fait un menteur,
puisqu'il n'a pas cru au témoignage que Dieu a rendu à son Fils.

La partie soulignée est ce que l'on appelle « le comma johannique ». Les exégètes considèrent généralement cet élément textuel comme : « une incise, absente dans les manuscrits grecs anciens, les versions anciennes et les meilleurs manuscrits de la Vulgate » (Yves Simoens, Croire pour aimer - Les trois lettres de Jean. éd. Facultés jésuites de Paris 2011, p. 217).

La Tradition de l'Église est tout autant liturgique qu'écrite. Nous croyons, pour notre part, que la Tradition de l'Église s'exprime par cette vision trinitaire des « Trois qui sont Un ». Cette Tradition s'est trouvée incluse dans le texte de la première épître du saint Apôtre et Évangéliste Jean, de sorte qu'elle se trouve maintenant présente dans le texte liturgique utilisé dans l'Église orthodoxe, tout comme dans la Vulgate de l'Église latine.

Reprenons l'image que nous avions déjà présentée dans les oeuvres du P. Théodore de Régnon : Étude XXIII « L'Affaire Photius » (Chap. XIII, Article I, § 4):

- Le Père, Source absolue, seul Dieu par lui-même, engendre le Fils.
- Du Père, Source absolue, seul Dieu par lui-même, procède l'Esprit-Saint.
- Dieu est Un, parce qu'il y a un seul Père.
- Le Fils reçoit sa divinité du Père en étant engendré par Lui - tout en étant pleinement Dieu.
- L'Esprit-Saint reçoit sa divinité du Père en procédant de Lui - tout en étant pleinement Dieu.
- La différence entre « engendrement » et « procession » est inaccessible à notre entendement humain, mais garantit la distinction réelle existant entre le Fils et l'Esprit-Saint.

Telle est la Foi orthodoxe. La Trinité permet à notre langage humain d'affirmer sa pensée à propos de Dieu - Dieu lui-même ne pouvant être limité à n'être qu'une unité philosophique, tout en ne pouvant être dispersé en une multiplicité indéfinie.

Ce schéma est celui du Don de la Divinité, en l'existence intra-trinitaire.

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Nous trouvons fréquemment chez les Pères Grecs le schéma dit « en ligne droite », tel que le montre l'image que nous avons déjà présentée dans les travaux du Père Théodore de Régnon - sous le nom de « diagramme grec » (Étude XXII « Le concept rationnel de la troisième Personne » (Chap. I, § 3).

Ce schéma en ligne droite, est la Trinité considérée au départ de notre point de vue.

Lorsque nous contemplons Dieu, nous voyons une Lumière unique, celle des Énergies divines. Cette Lumière unique peut être comparée à celle de trois étoiles qui sont précisément dans notre axe de vision, mais à des distances différentes. Les trois étoiles sont distinctes dans la réalité, mais nous ne les percevons que sous la forme d'une seule et unique lumière.

C'est une très belle image, mais qui n'est appropriée que pour notre propre point de vue, à nous, créatures humaines.

Le schéma « en ligne droite » présente l'avantage de justifier la subnumération des personnes, c'est-à-dire l'ordre dans lequel on les énumère : Père, Fils et Saint-Esprit. - Mais par contre, il est faux d'affirmer que la subnumération des personnes puisse nous donner des informations sur les processions éternelles qui existent au sein de la Trinité. Il est erroné de se baser sur le schéma en ligne droite, pour affirmer que le Fils procède du Père, et puis ensuite que le l'Esprit-Saint procède du Père et du Fils. On ne peut, sur la seule base de notre point de vue de créature humaine, inférer des informations concernant la vie interne de la Trinité. C'est aussi abusif que, tout en regardant une fleur, prétendre savoir ce qui se passera dans trois siècles dans l'Histoire humaine : ce sont des domaines de connaissance radicalement distincts.

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Nous nous sommes interrogés sur le sens que peut nous apporter l'épisode de la rencontre du Christ avec la Samaritaine (Étude XL « La Mer intérieure » (Chap. IV, § 4 et suivants). Nous avons découvert que cet épisode évangélique nous ouvre la porte de la compréhension du processus de la vie intérieure.


Nous avons trouvé confirmation du fait que le message du Christ, cette Parole acérée et efficace, pénètre jusqu'au plus profond de notre être. Cette plongée dans les grandes profondeurs de notre psychisme est symbolisée par le puits de Jacob. Dans ses grandes profondeurs, repose le lac des eaux dormantes, de l'âme de ceux qui ne se sont pas éveillés à l'esprit.


Cependant, dès l'instant où nous confessons que le Christ est vraiment Dieu, et qu'Il est venu parmi nous, le glaive de la parole du Christ frappe les eaux dormantes de notre âme et les transforme, sous l'action de l'Esprit-Saint, en une rivière d'eau vive qui fertilise tous ce qui est aux alentours.

Car il y a - comme avons vu précédemment - une « réciprocité de service », entre les deux hypostases manifestatrices du Père, que sont le Christ et l'Esprit-Saint.

Cette « rivière d'eau vive » qu'est devenue notre âme, dès lors que nous faisons la démarche de l'acte de foi - démarche dont l'importance déterminante est soulignée par le saint Évangéliste Jean - cette rivière « remonte à la surface » de notre conscient, sous forme de « suggestion créatrice », qui nous fait nous-mêmes co-créateurs avec le Christ, et collaborateurs de l'œuvre divine du Salut.

Nous avons décrit les caractéristiques de la « suggestion » en l'Étude XL « La Mer intérieure » Chap. VII, § 5.


À partir du niveau conscient, ce « mouvement ascensionnel » s'élève jusqu'à Dieu, en forme de prière.


Il est important de noter que le «mouvement descendant» de la Parole du Christ est compatible avec l'expression verbale et écrite. La Parole du Christ s'est exprimée en mots, et il est possible de l'expliquer et de l'approfondir par nos propres mots.

Par contre, le « mouvement ascendant » qui s'effectue sous l'impulsion de l'Esprit-Saint, reste inaccessible à notre formulation verbale.

Cela trace les possibilités et les limites de notre langage.

L'axe qui figure sur ce schéma présente la limite qui sépare le conscient de ce qui n'est pas directement accessible à notre conscience. Ce n'est pas parce que nous avons pas immédiatement conscience de l'existence de notre âme, que celle-ci n'existe pas ! Une telle affirmation est surtout valable pour ceux qui ne se sont pas « éveillés à l'esprit », et dont l'âme, par conséquent, est restée à l'état de « lac » latent et immobile.

En ce qui concerne ceux qui ont découvert l'existence de l'univers spirituel, et s'exercent à cultiver leur vie intérieure, ceux-ci accèdent à la conscience de l'existence et de l'action de leur âme - mais par la voie de la « suggestion », et non pas par celle de la conscience psychique ordinaire.

Nous avons ici, en quelque sorte, un schéma en « U ».

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Le Saint évangéliste Jean vient de nous révéler un Nom divin, qui désigne Dieu comme étant « Amour ». L'Amour absolu et divin n'est autre que la Vie divine qui circule en permanence entre les hypostases trinitaires. Le Père donne cet Amour absolu à l'Esprit-Saint, en Le faisant procéder.

L'Esprit-Saint, à son tour, « repose sur le Fils », en Lui donnant cet Amour qu'il vient de recevoir du Père.

Le Fils, ayant reçu la plénitude de l'Amour de la part du Saint-Esprit, le remet à son tour à son Père - et c'est ainsi que le Fils glorifie son Père.

Il existe donc une « double glorification » :

- le Fils glorifie son Père en Lui remettant cet Amour que vient de lui donner l'Esprit-Saint : c'est ainsi que, au moment ultime de la Passion, le Christ « remet l'Esprit » à son Père.

- L'autre glorification, celle du Père envers le Fils, est celle qui résonne sur les eaux du Jourdain (Mc. 1 ; 11), et qui résonne à nouveau, juste avant le lavement des pieds (Jn. 12 ; 28).

La circulation de la Vie divine présente ainsi un schéma en « U », mais dont la dynamique est INVERSE de celle du schéma précédent. Nous pouvons dire que le « schéma de la Vie divine » est construit EN MIROIR du schéma du processus de la vie spirituelle.

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Nous avons présenté le processus de la vie spirituelle sous forme de deux schémas : l'un, montrant les deux «états de l'âme» : du lac latent et immobile, à la rivière tumultueuse et vivifiante – l'autre, avec un axe qui départage le domaine conscient, du domaine qui échappe à la conscience ordinaire. Deux schémas nous ont été nécessaires, afin de garder une certaine clarté dans notre exposé.

Ensuite, nous avons présenté le schéma de la Vie divine, où nous avons - autant qu'il est possible - un aperçu de la circulation de l'Amour absolu entre les Personnes trinitaires.

Il paraît évident qu'il faut surtout éviter de confondre la structure de la vie trinitaire, avec le processus de la vie spirituelle. Et c'est précisément ce qui est arrivé, avec le Filioque.
Pour l'obtenir, il suffit de poser le schéma de la vie trinitaire, sur celui du processus de la vie spirituelle.

La réciprocité de manifestation du Fils et de l'Esprit Saint - qui est spécifique à l'action de la Trinité ad extra - se trouve confondue avec le repos de l'Esprit sur le Fils, qui est purement intra-trinitaire.

Dans la même démarche, on ne garde que le mouvement du Fils vers le Saint-Esprit, auquel on attribue le nom de «procession» plutôt que de «réciprocité».

Nous obtenons ainsi cette image que nous avions déjà présentée dans les oeuvres du P. Théodore de Régnon : Étude XXIII « L'Affaire Photius » (Chap. XIII, Article I, § 3). Il s'agit du Diagramme latin de la Trinité.

À partir du moment où l'on perd de vue le fait qu'il y a un seul Dieu parce qu'il y a un seul Père - à partir du moment où l'on n'a plus conscience du caractère personnel de l'Unité divine, se pose le problème de garantir l'unicité de Dieu, malgré la réalité de l'existence de deux Personnes : le Père et le Fils.

Cette question est résolue en « attachant » le Père et le Fils, avec le lien qu'est l'Esprit-Saint.
Bien sûr, on peut dire cela joliment : on s'empresse de préciser qu'il s'agit d'un « lien d'amour » - et saint Bernard évoque l'image du Saint Esprit comme « baiser » du Père et du Fils. Il n'empêche que nous sommes en présence d'un binôme, avec le Saint-Esprit qui a reçu mission d'assurer la liaison entre les deux Personnes. Ce n'est plus la plénitude de la Trinité…

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Après ces quelques explications, le sens du « comma johannique » se découvre à nos yeux :

- le verset 7 n'a pas besoin d'explication, car il s'agit de l'énoncé de la Trinité :

Car il y en a Trois qui rendent témoignage dans le Ciel : le Père, le Verbe et l'Esprit, et ces Trois sont Un.

- Par contre, nous allons nous attarder à scruter la signification du verset 8 :

Et il y en a trois qui rendent témoignage sur la terre : l'esprit, l'eau et le sang, et ces trois tendent vers le Un.

« Sur la terre » : Il ne s'agit donc pas de la vie intra-trinitaire, mais bien du processus de la vie spirituelle, ici-bas.
Dans toute la tradition biblique, le sang est la vie : « la vie de toute chair, c'est son sang » (Lv. 17 ; 14). Le sang du sacrifice communique la vie divine, sur ceux qui en sont aspergés : « Moïse, ayant alors pris le sang, le projeta sur le peuple et dit : ceci est le sang de l'Alliance que le Seigneur a conclue avec vous » (Dt. 24 ; 8).

Le sang du sacrifice marque l'appartenance à Dieu des êtres humains et des objets qui entrent à son contact : « prenant du sang (du bélier sacrifié), tu en mettras sur le lobe de l'oreille droite d'Aaron, sur le lobe de l'oreille droite de ses fils, sur le pouce de leur main droite et sur le gros orteil de leur pied droit. Puis tu feras couler le sang sur toutes les faces de l'Autel. Tu prendras du sang demeuré sur l'Autel, ainsi que du chrême, et tu en aspergeras Aaron et ses vêtements, ses fils et leurs vêtements : il se trouvera ainsi consacré avec ses vêtements, et de même ses fils avec leurs vêtements » (Ex. 29 ; 20 - 21 // Lv. 8 ; 23 - 24).

Dans l'épître aux Hébreux, ce n'est pas « avec du sang de boucs et de jeunes taureaux, mais avec son propre sang », que le Christ « nous a acquis une rédemption éternelle » (Hb. 9 ; 11 - 12).

Continuons notre lecture de l'épître aux Hébreux : « ayant donc l'assurance voulue pour l'accès au Sanctuaire par le sang de Jésus, par cette voie qu'il est inauguré pour nous, récente et vivante, à travers le voile – c'est-à-dire sa chair – et puisque nous avons un Prêtre souverain à la tête de la Maison de Dieu, approchons-nous avec un cœur sincère, dans la plénitude de la Foi » Hb. 10 ; 19 - 22).

L'Apocalypse nous révèle que le Christ « nous a lavé de nos péchés par son sang ; Il a fait de nous une royauté de prêtres pour son Dieu et Père » (Apoc. 1 ; 5). Les martyrs « ont lavé leurs robes et les ont blanchies dans le sang de l'Agneau » (Apoc. 7 ; 14).

Le « sang » est donc la Vie divine que nous apporte le Christ. Ce « sang » mystique a la propriété de nous faire pénétrer dans le « Sanctuaire », c'est-à-dire de nous rendre Citoyens du Royaume – et, pour cela, ce « sang » mystique détient également la propriété de nous laver de tout péché.

La Parole du Christ, en tant que Vie divine, plonge jusqu'au plus profond de notre être.

L'« eau », quant à elle, est ce « lac mystique » qui est latent et immobile, tant que nous ne sommes pas éveillés à l'esprit. Ce « lac » secret et latent, devient un fleuve impétueux et vivifiant lorsque - sous la motion de l'Esprit-Saint - nous mettons en œuvre nos facultés spirituelles.

L'esprit, quant à lui, est notre faculté de connaître le Divin. En « activant » cette faculté, nous commençons notre parcours ascensionnel, qui passe par la « suggestion créatrice », et continue sous forme de prière, grâce à l'aide efficace et attentive de l'Esprit-Saint.

« L'esprit, l'eau et le sang » : en trois mots, c'est l'ensemble du processus de la vie spirituelle qui est évoqué.

Le tout « tend vers le UN » : c'est un processus, ce n'est pas acquis. Toute notre vie doit servir à parcourir cette ascension, qui culmine ultimement en notre divinisation.

C'est pour cela que la Nature raisonnable est venue à l'existence : pour que la richesse des biens divins ne soit pas stérile.

Les âmes, ce sont comme des vases et des réceptacles doués de volonté libre, qui ont été construits par la Sagesse qui a organisé l'Univers, pour être une sorte d'espace capable de recevoir des biens – et qui s'agrandissent constamment avec l'accroissement de ce qui est déversé en eux.

Telle est en effet la participation aux biens divins : qu'elle rend plus grand et plus capable de recevoir celui en qui elle se produit, puisque c'est par une augmentation de puissance de grandeur qu'elle est assumée par qui la reçoit – si bien que s'accroisse toujours celui qui en est nourri, et que jamais ne cesse sa croissance ; car puisque la source des biens jaillit sans cesse, la Nature de celui qui y a part, étant donné que dans ce qu'elle reçoit, rien n'est superflu ni inutile – fait de tout ce qui coule en elle un ajout à sa propre grandeur : elle devient ainsi plus capable d'attirer, et en même temps elle augmente sa capacité – deux opérations qui s'amplifient l'une par l'autre ; la capacité à recevoir la nourriture progressant, grâce à l'abondance des biens, vers un accroissement ; tandis que surabondent les ressources en nourriture, en même temps que grandissent ceux dont la capacité augmente. Arriveront donc à une telle grandeur – c'est naturel – ceux dont aucune limite n'empêche la croissance.

Grégoire de Nysse. Sur l'âme et la résurrection. Cerf 1995. p. 153 - 154.

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Deuxième partie : 4 ; 17 - 21.

4 ; 17 En ceci consiste la perfection de l'amour en nous : que nous ayons pleine assurance (confiance assurée : parrèsian) au jour du Jugement, car tel est Celui-là, tels aussi nous sommes en ce monde.
18 Il n'y a pas de crainte dans l'amour ; mais l'amour parfait bannit la crainte, car la crainte implique un châtiment, et celui qui craint n'est pas parfait dans l'amour.
19 Quant à nous, aimons-Le, puisque Lui-même nous a aimés le premier.
20 Si quelqu'un dit : « J'aime Dieu » et qu'il déteste son frère, c'est un menteur :
celui qui n'aime pas son frère, qu'il voit, ne saurait aimer le Dieu qu'il ne voit pas.
21 Et nous avons reçu de Lui ce commandement : que celui qui aime Dieu aime aussi son frère.

« JE SUIS, n'ayez pas peur », dit le Christ, apparaissant à ses disciples au milieu de la Mer de Galilée

(Jn. 6 ; 20. Cfr. Étude XXIV - La traversée de la mer)

« Ne crains rien, JE SUIS le Premier et le Dernier, le Vivant ; J'ai été mort, et Me voici vivant pour les siècles des siècles, détenant la clef de la Mort et de l'Hadès », dit le Christ apparaissant à Jean, dans l'Apocalypse (Apoc. 1 ; 17 - 18).

La peur est le règne de la servitude et de l'esclavage. Pour ceux qui appartiennent au Royaume, il n'est plus question d'avoir peur devant la Présence divine – comme ce fut le cas pour Adam et Ève, après qu'ils eussent consommé le fruit de l'Arbre de la Connaissance. Désormais, c'est l'état paradisiaque de familiarité avec Dieu, qui est retrouvé. Jésus lui-même entérine le changement d'état de l'être humain, une fois que celui-ci a acceptée de transplanter les racines de son être, dans l'Univers divin :

Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ignore ce que fait son maître ; je vous appelle AMIS, car tout ce que J'ai appris de mon Père, Je vous l'ai fait connaître (Jn. 15 ; 14).

« La crainte implique un châtiment » : dans cette perspective, nous sommes sous le régime de la LOI qui punit les pécheurs, et qui récompense ceux qui l'ont observée : « quiconque aura péché sous la loi, par la loi sera jugé » (Rom. 12), dit saint Paul, décrivant ce qui se passait avant la venue du Christ.

Dans la perspective de la loi, tout le monde est coupable : « Il n'est pas de juste, pas un seul ; il n'en est pas de sensé, pas un qui recherche Dieu » (Ps. 13 ; 3, cité dans Rm. 3 ; 10). En généralisant la culpabilité « la loi est intervenue pour que se multiplie la faute » (Rm. 5 ; 20), en ce sens que la culpabilité ne peut exister sans une conscience de l'existence de la loi.

Avec la Résurrection de Christ, « la loi de l'Esprit qui donne la Vie dans le Christ Jésus nous a affranchis de la loi du péché et de la mort » (Rm. 8 ; 2). Saint Paul affirme :

Tous ceux qu'anime l'Esprit de Dieu sont fils de Dieu. Aussi bien n'avez-vous pas reçu un esprit d'esclave, pour retomber dans la crainte ; vous avez reçu un esprit de fils adoptif qui nous fait nous écrier : Abba ! Père ! (Rm. 8 ; 14).

Saint Jean et Saints Paul ont une identité de pensée, exprimée dans un vocabulaire différent. Saint Jean précise que le critère de véracité de notre amour pour Dieu - que nous ne voyons pas de nos yeux de chair - se vérifie par la présence active de notre amour pour notre prochain, ce dernier ayant l'avantage d'être immédiatement visible. « Dieu nous a aimé le premier » : le Père a pris l'initiative de l'amour envers l'humanité, en envoyant son Fils. « Tel est Celui-là (le Fils envoyé par le Père), tels nous sommes aussi dans ce monde » - aimant notre prochain, comme le Fils a aimé l'humanité en offrant sa Vie et en ressuscitant, pour nous montrer la voie vers le Royaume.

Parallèle à :

Avant-dernière partie : 5 ; 1 - 5.

5 ; 1 Tout croyant que Jésus est le Christ est né de Dieu ;
et tout aimant Celui qui a engendré, aime Celui qui est né de Lui.
2 Nous connaissons que nous aimons les enfants de Dieu à ce que nous aimons Dieu et que nous pratiquons ses commandements.
3 Car ceci est l'amour de Dieu : que nous gardions ses commandements. Et ses commandements ne sont pas pesants,
4 parce que tout ce qui est né de Dieu remporte la victoire sur le du monde. Et telle est la victoire qui a vaincu le monde : notre foi.
5 Quel est le vainqueur du monde, sinon celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu ?

Nous pouvons remarquer que cette partie du texte est construite de façon symétrique :

premier : 1a Tout croyant que Jésus est le Christ est né de Dieu ;
dernier : 5 Quel est le vainqueur du monde, sinon celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu ?

deuxième : 1b et tout aimant Celui qui a engendré, aime Celui qui est né de Lui.
avant-dernier : 4 parce que tout ce qui est né de Dieu remporte la victoire sur le du monde. Et telle est la victoire qui a vaincu le monde : notre foi.

troisième : 2 Nous connaissons que nous aimons les enfants de Dieu à ce que nous aimons Dieu et que nous pratiquons ses commandements.
anté-pénultième : 3 Car ceci est l'amour de Dieu : que nous gardions ses commandements. Et ses commandements ne sont pas pesants,

Ce texte nous donne la charte fondamentale du christianisme : le critère est la FOI en l'Incarnation du Christ : « croire que Jésus est le Christ ».

Si nous faisons cette démarche de Foi, nous sommes « nés de Dieu », c'est-à-dire que nous ne sommes plus prioritairement tributaires de notre naissance biologique – nous sommes nés à une Vie nouvelle qui est dès aujourd'hui ouverte à l'Éternité, qui n'est désormais plus atteinte par la mortalité, par la finitude ni par la souffrance ; en un mot, nous sommes citoyens du Royaume, de cette Nouvelle Création inaugurée par le Christ lors de la Théophanie.

En offrant notre Foi en l'Incarnation du Christ, nous exprimons notre amour pour Celui qui s'est incarné pour nous sauver, pour Celui qui nous fait découvrir la nouvelle dimension de l'Être qu'est le Royaume – là où nous sommes ressuscités, et là où notre Nature est définitivement transfigurée. En aimant le Christ, nous aimons, par le fait même, le Père que le Christ nous fait découvrir.

C'est cet amour de la première personne de la Trinité, le Père, qui garantit la véracité de notre démarche, car nous «accomplissons ses commandements» – qui sont essentiellement le fait d'agir concrètement pour aimer et connaître Dieu. Cette véracité de notre démarche entraîne l'authenticité de notre amour pour les autres êtres humains. Car l'« amour » de notre prochain serait de la fausse monnaie, manquerait de profondeur, serait uniquement un mouvement sentimental fugace et instable, s'il n'est pas enraciné sur cet Amour divin.

S'il s'agissait d'aimer d'un amour sentimental (Éros) chacun des individus qui constituent notre prochain, ce serait une tâche pratiquement impossible ! Saint Jean s'empresse de nous préciser : les commandements de Dieu ne sont pas pénibles (5 ; 3) - littéralement « lourds » (bareiai).

Celui qui accomplit la démarche de Foi, qui croit que Jésus est le fils du Père, celui-ci a « vaincu le monde », c'est-à-dire qu'il vit d'ores et déjà selon la logique du Royaume, et n'est plus prisonnier de la causalité mortifère de notre univers marqué par la mort et l'entropie. Il est désormais capable d'aimer suivant l'amour stable et fidèle de l'agapè, qui est celui de Dieu même envers sa création - cette équanimité envers les bons et les méchants, ce comportement aimant, identiquement le même pour la personne qui nous est agréable, comme envers celle qui désire nous nuire. Un amour d'agapè vise prioritairement le Salut de la personne que l'on aime, voit cette personne dans la Lumière divine.


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Le Quatrième Dyptique : Savoir.

(B) Deuxième volet : Nous savons que nous avons la Vie éternelle (5 ; 11 - 21)

Les limites du texte sont établies par les deux affirmations : « c'est que Dieu [le Père] nous a donné la Vie éternelle » (5 ; 11) et : « Celui-ci [le Père] est le Dieu véritable et la Vie éternelle » (5 ; 20).

Voici le texte :

- 1 -

5 - 11 Et voici ce témoignage : c'est que Dieu nous a donné la Vie éternelle et que cette Vie est dans son Fils.
12 Qui a le Fils a la Vie ; qui n'a pas le Fils n'a pas la Vie.
13 Je vous ai écrit ces choses, à vous qui croyez au Nom du Fils de Dieu, afin que vous sachiez que vous avez la Vie éternelle.

- 2 -

5 ; 14 Nous avons en Dieu cette assurance que, si nous demandons quelque chose selon sa volonté, Il nous écoute.
15 Et si nous savons qu'Il nous écoute en tout ce que nous lui demandons, nous savons que nous avons ce que nous Lui avons demandé.

- 3 -

5 ; 16 Si quelqu'un voit son frère commettre un péché qui ne va pas à la mort, qu'il prie, et [Dieu] donnera la vie à ce frère [à tous ceux dont ce péché ne va pas à la mort]. Il y a un péché qui conduit à la mort, pour ce péché-là, je ne dis pas qu'il faut prier.
17 Toute iniquité est péché, mais il y a tel péché qui ne va pas à la mort.

- 4 -

5 ; 18 Nous savons que quiconque est né de Dieu ne pèche pas ; mais l'Engendré de Dieu le garde et le Mauvais n'a pas prise sur lui.
19 Nous savons que nous sommes de Dieu et que le monde entier gît au pouvoir du Mauvais.
20 Nous savons que le Fils de Dieu est venu et qu'Il nous a donné l'intelligence afin que nous connaissions le Véritable.
Et nous sommes dans le Véritable, dans son Fils Jésus Christ.
Celui-ci est le Dieu véritable et la Vie éternelle.
21 Petits enfants, gardez-vous des idoles. Amen.

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Première partie : 5 ; 11 - 13.

5 - 11 Et voici ce témoignage : c'est que Dieu nous a donné la Vie éternelle et que cette Vie est dans son Fils.
12 Qui a le Fils a la Vie ; qui n'a pas le Fils n'a pas la Vie.
13 Je vous ai écrit ces choses, à vous qui croyez au Nom du Fils de Dieu, afin que vous sachiez que vous avez la Vie éternelle.

Le Père donne la Vie éternelle ; cette Vie est dans son Fils.

Nous avons ici un résumé de la doctrine chrétienne en quatre points :

1) la Vie divine circule entre les Personnes trinitaires. Cette Vie est d'une autre essence que la vie biologique, et appartient à un autre espace-temps, qui est le Royaume. Cette Vie divine provient de la Source absolue qu'est le Père.

2) La Vie divine est, par Nature, débordante. Ainsi « déborde-t-elle » en le Fils : « cette Vie est dans son Fils ».

3) C'est par le Fils que la volonté créatrice du Père s'est exprimée à notre égard, pour nous, les créatures conscientes, et c'est par le Fils que le Père désire nous communiquer la Vie divine, qui est l'Amour absolu.

4) Pour notre part, c'est en confessant notre Foi en la divinité du Christ, c'est-à-dire en « croyant au Nom du Fils » - et en confessant notre Foi en sa résurrection, que nous exprimons l'amour que nous portons à la deuxième Personne de la Trinité. C'est ce qui est exprimé ici par les mots : « avoir le Fils ». En confessant notre Foi dans le Christ, nous « voyons le Père » (c'est ce que le Christ dit à son disciple Philippe : « qui m'a vu, a vu le Père » Jn. 14 ; 8 - 9) et, du même mouvement, nous recevons la Vie divine. Celle-ci nous rend victorieux de la mort, participants à la résurrection, héritiers du Royaume.

Parallèle à :

Dernière partie : 5 ; 18 - 21.

5 ; 18 Nous savons que quiconque est né de Dieu ne pèche pas ; mais l'Engendré de Dieu le garde et le Mauvais n'a pas prise sur lui.
19 Nous savons que nous sommes de Dieu et que le monde entier gît au pouvoir du Mauvais.
20 Nous savons que le Fils de Dieu est venu et qu'Il nous a donné l'intelligence afin que nous connaissions le Véritable.
Et nous sommes dans le Véritable, dans son Fils Jésus Christ.
Celui-ci est le Dieu véritable et la Vie éternelle.

21 Petits enfants, gardez-vous des idoles. Amen.

Le Père est le Dieu véritable, et la vie éternelle.

Après le résumé de la doctrine chrétienne, le saint Évangéliste Jean nous confirme les trois certitudes que nous possédons (« nous savons » répété trois fois ) :

1) En tant qu'appartenant au Royaume, nous sommes désormais étrangers au péché.

2) Il existe une opposition radicale entre le Royaume et le monde d'ici-bas : « le monde entier gît au pouvoir du Mauvais ». Le monde d'ici-bas, fruit du Refus Originel, est englué dans la mort, dans l'entropie et dans la souffrance. Le monde d'ici-bas se dirige vers sa perte inéluctable, et s'enfonce toujours plus dans l'obscurité. Il existe donc un antagonisme profond entre les Citoyens du Royaume et ceux qui appartiennent au monde déchu, vivant dans l'illusion, s'imaginant n'être composés que d'un corps et d'une psyché, méconnaissant la présence de leur âme de leur esprit, limitant leur horizon à ce qui n'est que matière.

3) Grâce à la Révélation du Christ, nous avons reçu l'intelligence, et ainsi nous connaissons « le Véritable », c'est-à-dire le Père. Comme dit le Christ : « qui M'a vu, a vu le Père ».
En confessant le Christ comme étant le « Dieu véritable », nous devenons participants à la Vie éternelle, ce qui nous ouvre à une nouvelle dimension, celle du Royaume - où nous sommes, en tant que créatures, de plain-pied avec la Divinité.

La dernière sentence : « Petits-enfants, gardez-vous des idoles. Amen », fut certainement la signature de saint Jean – les mots qu'il avait tracés de sa propre main en conclusion de sa lettre qui, elle, fut dictée à un scribe.

Saint Paul procédait de même, tout comme de nombreux écrivains de l'Antiquité, dictant son texte, mais terminant le document par une ligne tracée de sa propre main :

- « Ce salut est de ma main, à moi Paul. C'est le signe qui distingue toutes mes lettres. Voici quelle est mon écriture » (II Thess. 2 ; 17).
- « Voici le salut de ma main, à moi Paul » (Col. ; 18).
- « Voyez quels gros caractères ma main traçe à votre intention » (Gal. 6 ; 11).
- « La salutation est de ma main, à moi Paul » I Co. 16 ; 21).

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Deuxième partie : 5 ; 14 - 15.

5 ; 14 Nous avons en Dieu cette assurance (confiance assurée - parrèsia. cfr. le premier volet, en 4 ; 17) que, si nous demandons quelque chose selon sa volonté, Il nous écoute.
15 Et si nous savons qu'Il nous écoute en tout ce que nous Lui demandons,
nous savons que nous avons ce que nous Lui avons demandé.

Il s'agit de l'efficacité de la prière des fidèles.

Lorsque nous prions, « nous savons que nous avons ce que nous Lui avons demandé ». C'est une affirmation paradoxale : si nous prions pour obtenir quelque chose, nécessairement, nous ne sommes pas encore sensés détenir cette chose…
Et pourtant, cette pensée est en accord avec cette parole remarquable de l'Évangile de Marc : « tout ce que vous demandez en priant, croyez que vous l'avez déjà reçu, et cela vous sera accordé » (Mc. 11 ; 24).

La prière est une demande d'effusion de l'Esprit-Saint. Et lorsque, grâce au chemin spirituel ouvert par l'exercice de la prière, l'Esprit-Saint descend sur nous - l'un des effets de sa présence est le changement de notre vision : des yeux de chair, nous commençons à voir selon l'esprit. En approfondissant notre vision, en la métamorphosant, en la rendant sensible aux données de l'univers spirituel, nous prenons conscience de ce qui existe - et qui était, auparavant, en deçà de notre conscience.

Si nous demandons quelque chose qui est en accord avec la Volonté et la Sagesse divine, l'effet de cette prière sera tout d'abord d'approfondir notre vision. Cette faculté nouvelle nous permettra de nous apercevoir que nous possédons déjà, au profond de notre être, ce que nous avons demandé. Il reste plus qu'à l'actualiser - ce qui se fait, là aussi, avec l'aide de l'Esprit-Saint.

Parallèle à :

Avant-dernière partie : 5 ; 16 - 17.

5 ; 16 Si quelqu'un voit son frère commettre un péché qui ne va pas à la mort, qu'il prie, et [Dieu] donnera la Vie à ce frère [à tous ceux dont ce péché ne va pas à la mort]. Il y a un péché qui conduit à la mort, pour ce péché-là, je ne dis pas qu'il faut prier.
17 Toute iniquité est péché, mais il y a tel péché qui ne va pas à la mort.

Il s'agit de la possibilité d'intercéder en faveur des frères.

Quel est ce « péché qui conduit à la mort » et pour lequel le Christ « ne dit pas qu'il faut prier » ?
Il s'agit du péché contre l'Esprit. On commet le péché contre l'Esprit, lorsqu'on attribue aux puissances des ténèbres, l'œuvre du Christ. Ce que fait le Christ est ainsi court-circuité ; le message du Dieu fait homme se trouve ainsi disqualifié à la base.

Il est évident qu'un tel péché demande une réelle compétence ! Il s'agit du mal qui est commis en parfaite connaissance de cause, sachant - non seulement ce que l'on fait - mais encore les conséquences métaphysiques et cosmiques du mal que l'on commet. Celui qui attribue aux puissances des ténèbres l'œuvre du Christ, devient lui-même la voix est l'instrument des puissances des ténèbres.

C'est ainsi que certains êtres humains, les Hitler, Staline et Pol-Pot de l'Histoire récente, ont pu commettre le mal à une échelle incommensurable pour l'être humain ordinaire - parce qu'ils se sont faits eux-mêmes les instruments et les organes des puissances des ténèbres, gagnant leur redoutable force et efficacité.

Le péché contre l'Esprit n'est pas un péché que l'on puisse commettre involontairement, ou par ignorance. C'est par ignorance ou par stupidité, que l'on peut blasphémer le Christ. Et ce péché peut être pardonné. Par contre, le péché contre l'Esprit ne peut être pardonné, et c'est pourquoi le Christ nous indique qu'il ne faut pas prier « pour ce péché-là ».

Le saint Évangéliste Jean mentionne à trois reprises le fait que le peuple d'Israël a commis ce péché, à l'égard du Christ. Cette triple répétition indique l'importance de ce péché, aux yeux de l'Évangéliste :

1) Lors de la fête des Tentes, dans le Temple, les Juifs commettent pour la première fois le Péché contre l'Esprit (7 ; 20) : Le Christ demande aux Juifs : « Pourquoi voulez-vous me tuer ? La foule répondit : un démon te possède ».

2) Lors du débat sur la filiation d’Abraham, les Juifs commettent pour la deuxième fois le Péché contre l'Esprit (8 ; 44 - 52) : Le Christ dit aux Juifs : « Vous avez comme père le diable, et ce sont les désirs de votre père que vous voulez accomplir. (...) Les juifs lui dirent : maintenant nous sommes sûrs qu'un démon te possède ».

3) Après le discours où le Christ s'identifie comme étant le Bon Pasteur, ce Péché est commis pour la troisième fois : « Les Juifs se divisèrent à propos de ses paroles. Beaucoup d'entre eux disaient : il est possédé d'un démon ; il délire, à quoi bon l'écouter ? » (Jn. 10 ; 19 -20).

Le saint Évangéliste Jean donne ici une clé de compréhension pour identifier les ravages commis par le péché contre l'Esprit, car en chaque période de l'Histoire, se produisent des paroxysmes de haine et de violence qui sont inexplicables si l'on ne tient compte que des seuls facteurs humains.

À cet égard, une idole – ce contre quoi nous met en garde saint Jean – est une anti-icône : l'icône nous met en présence de la personne qui est représentée ; c'est ainsi que la vénération que nous portons à cette icône ne s'adresse certes pas au bois ni à la peinture qui en sont le support, mais bien au Prototype qui y suscite sa présence.

À l'inverse, la vénération adressée à une idole s'adresse en réalité au prototype qui n'est PAS représenté par cette idole… Car les puissances des ténèbres se servent d'une idole comme d'un paravent pour dissimuler leur présence. Une idole n'est certes pas uniquement une sorte de fétiche en bois devant lequel on se prosterne... C'est tout objet ou organisation qui exige la soumission de l'être humain en lieu et place de Dieu. - C'est là où nous devons faire preuve de discernement et de vigilance, pour démasquer les idoles, là où elle se trouvent.


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L'objectif tracé initialement a-t-il été atteint ? ?

Parvenus à la conclusion de notre étude de la première Épître de saint Jean, nous savons désormais que nous sommes en présence, dans ce texte, d'un véritable « mode d'emploi » des enseignements du Christ.
L'amour du prochain est à la fois un « commandement ancien » et un « commandement nouveau, comme nous l'a appris le premier diptyque.

Le deuxième diptyque nous a appris le discernement entre les « petits enfants », et les « anti-christ » - entre les « enfants de Dieu », et les « enfants du diable », celui qui pèche dès le commencement.

Dans le troisième diptyque, nous est enseigné que notre amour du Père - qui s'exerce par le Christ et en Lui - prouve sa validité en l'amour que nous éprouvons pour notre prochain. Le saint Évangéliste Jean nous enseigne que Dieu demeure en nous par l'Esprit qu'Il nous a donné, et qu'il nous appartient d'éprouver les esprits, pour voir s'ils sont de Dieu.

Enfin, dans le quatrième diptyque, le début de son premier volet nous a permis de méditer sur la personne du Père, et de contempler le caractère personnel de l'Unité divine.

Le « coma johannique », en nous faisant découvrir le symbolisme de l'eau, du sang et de l'esprit, nous a ouvert des perspectives sur l'ensemble du processus de la vie spirituelle.

La suite du premier volet de ce diptyque nous a donné la charte fondamentale du christianisme, et nous a fait prendre conscience de l'importance déterminante de la démarche de Foi, ce qui est un thème d'une importance essentielle, dans les écrits johanniques.

Dans le deuxième volet, nous découvrons le résumé de la doctrine chrétienne en quatre points, et les trois certitudes que nous possédons, en tant que disciples du Christ.

Ensuite, nous avons reçu un enseignement sur la prière, enseignement qui nous apprend que nous sommes déjà exaucés, la prière consistant en l'approfondissement de notre regard intérieur et de notre conscience spirituelle.

Enfin, l'allusion de Jésus au péché pour lequel il ne demande pas de prier, nous a conduit à approfondir la notion de péché contre l'Esprit, ce qui nous a conduit à élaborer une définition de l'idole, à propos de laquelle nous avons une mise en garde explicite de l'Apôtre.

- Une telle richesse d'enseignements spirituels, en si peu de mots ! Nous avons vu à quel point l'étude de la structure en parallèles, de cette lettre, peut en éclairer le sens. Il s'agit réellement d'un décrit inspiré, car, à nos yeux, il n'est pas humainement possible que tant de sens ait pu être compris dans un si bref écrit, du simple fait du talent épistolaire de l'auteur. Au-travers de ces lignes, brille la Lumière divine, et le simple contact avec cet écrit dilate notre âme, et la remplit d'une joie qui n'a rien de terrestre. Saint Jean nous comfie : « Tout ceci, nous l'écrivons pour que notre joie soit complète »
(I Jn. 1 ; 4).


La structure de la première Épître de Jean
Le Prologue : Chapitre 1, versets 1 à 4.
Ce qui était au Commencement,
nous vous annonçons la Vie éternelle,
celle qui est auprès du Père.
Premier Diptyque - premier volet :
1 ; 5 - 2 ; 7.
Dieu est Lumière ;
annonce du Commandement ancien ;
garder la Parole,
afin d'être en Communion.
Premier Diptyque - deuxième volet : :
2 ; 8 - 17.
Les ténèbres se dissipent ;
Le Commandement nouveau :
ne pas aimer le monde,
victoire contre le Malin.
Deuxième Diptyque - premier volet :
2 ; 18 - 28.
Il y a plusieurs Antichrist ;
Du Saint nous avons reçu l'Onction.
L'Onction nous enseigne ;
qui confesse le Fils, a aussi le Père.
La Promesse, c'est la Vie éternelle.
Deuxième Diptyque - deuxième volet : :
2 ; 29 - 3 ; 10.
Qui pratique la justice est né du Père.
Nous sommes Enfants de Dieu.
Qui a l'espérance est pur ;
qui pratique la Justice est juste.
Qui est né de Dieu ne commet pas le péché.
Troisième Diptyque - premier volet :
3 ; 11 - 23.
Le Message reçu dès le Commencement :
que nous nous aimions mutuellement.
Non pas comme Caïn qui tua son frère ;
qui hait son frère est un meurtrier.
Dieu est plus grand que notre coeur.
Troisième Diptyque - deuxième volet : :
3 ; 24 - 4 ; 13.
Celui qui garde les commandements,
demeure en Dieu et Dieu en lui.
Tout esprit qui ne confesse pas Jésus,
est celui de l'Antichrist.
Dieu a manifesté son amour pour nous.
Quatrième Diptyque - premier volet :
4 ; 14 - 5 ; 10.
Témoignage : le Père a envoyé son Fils.
Le Père a rendu témoignage à son Fils.
Nous avons l'assurance au Jour du Jugement.
Celui qui aime Dieu, aime aussi son frère.
Le vainqueur du monde : celui qui croit.
Quatrième Diptyque - deuxième volet :
5 ; 11 - 21.
Témoignage : don de la Vie éternelle.
J. C. est le Dieu véritable - la vie éternelle.
Assurance d'être exaucés selon nos demandes.
- qu'il prie, et Dieu donnera la Vie à ce frère.
Petits enfants, gardez-vous des idoles !

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